Installer une infrastructure de recharge pour véhicules électriques (IRVE) ne consiste pas seulement à fixer une borne et à lancer une première charge. L’installation doit s’intégrer correctement à l’alimentation électrique existante, protéger les personnes et les matériels, puis être testée dans des conditions proches de son usage réel.
La liste exacte des formalités dépend du projet : maison individuelle, copropriété, entreprise, établissement recevant du public, parking ouvert au public, puissance de l’IRVE et type de raccordement. Il n’existe donc pas une checklist unique qui remplacerait l’analyse du site. En revanche, plusieurs familles de contrôles doivent être anticipées dans presque tous les projets.
1. Vérifier le périmètre du projet avant les essais
Avant de contrôler la borne, il faut s’assurer que l’installation réalisée correspond bien à l’installation prévue. Cette vérification documentaire évite de tester une solution différente de celle qui a été dimensionnée ou déclarée.Le dossier de fin de chantier doit notamment permettre d’identifier :
- les points de recharge installés et leur puissance réglée ;
- le schéma d’alimentation et le cheminement des câbles ;
- les protections installées et leur calibre ;
- le mode de raccordement et les équipements de pilotage ;
- les réglages de délestage ou de supervision ;
- les notices et références du matériel.
2. Contrôler l’alimentation et le dimensionnement électrique
Une borne de recharge peut fonctionner pendant plusieurs heures à une puissance importante. Le contrôle doit donc porter sur la capacité réelle de l’installation, et pas uniquement sur la puissance commerciale de la borne.Il faut d’abord confirmer que la puissance disponible est compatible avec la recharge retenue et que le circuit est correctement dimensionné. La section du câble, son mode de pose et la longueur du parcours doivent rester cohérents avec la puissance appelée et les chutes de tension admissibles.
Le contrôle porte aussi sur le tableau et les équipements en amont. Le réglage de la borne ne doit pas dépasser la capacité de l’installation, et le délestage ou la modulation de puissance doit réagir correctement lorsqu’un système de pilotage est prévu.
Dans un parking collectif, le dimensionnement doit aussi tenir compte de l’évolution du nombre de points de charge. Une installation peut être conforme pour une première borne tout en devenant inadaptée si plusieurs utilisateurs se raccordent ensuite sans stratégie de pilotage.
3. Vérifier les protections et la continuité de la sécurité
Le décret relatif aux infrastructures de recharge prévoit que l’installateur vérifie la conformité de l’installation électrique aux exigences de sécurité en vigueur. Il prévoit également un circuit spécialisé pour chaque point de recharge et une protection différentielle dédiée au circuit, avec un dispositif différentiel à courant résiduel (DDR) au plus égal à 30 mA.Sur le terrain, la réception doit vérifier la présence, l’identification et la cohérence des protections prévues au dossier. Les points essentiels sont notamment :
- la protection contre les surintensités et la protection différentielle adaptée ;
- la liaison à la terre et la continuité des conducteurs de protection ;
- l’équipotentialité lorsque le contexte l’exige ;
- le serrage et l’état des connexions accessibles ;
- la protection mécanique, le repérage des câbles et la compatibilité avec le tableau existant.
4. Inspecter la borne et son installation physique
La conformité concerne aussi l’implantation de la borne. Avant la mise en service, il faut contrôler son état, sa fixation et son environnement immédiat.La borne doit être solidement fixée, accessible et adaptée à son environnement. Les câbles ne doivent être ni pincés ni exposés à des contraintes mécaniques anormales, et l’indice de protection doit correspondre au lieu d’installation.
Dans un parking ou une zone de circulation, il faut également anticiper les chocs, le passage des personnes et le risque de trébuchement. Le repérage doit rester lisible et un dégagement suffisant doit être conservé pour l’utilisation et la maintenance.
Dans un espace partagé, il faut également vérifier que la borne est utilisable sans créer de conflit avec la circulation, les portes, les rampes, les places voisines ou les dispositifs de sécurité du parking.
5. Réaliser les essais de fonctionnement et de charge
La mise sous tension n’est que le début de la réception. Il faut ensuite vérifier que la chaîne complète fonctionne : borne, protections, véhicule ou simulateur de charge, contrôle d’accès, pilotage et supervision.Une séquence d’essais peut comprendre, selon le projet :
- mise sous tension et vérification de l’absence d’alarme ;
- test de déverrouillage ou d’authentification ;
- lancement d’une session de charge ;
- contrôle de l’intensité ou de la puissance délivrée ;
- vérification de l’arrêt normal de la charge ;
- test de l’arrêt sur défaut ou sur action de sécurité ;
- vérification du redémarrage après coupure lorsque cette fonction est prévue ;
- contrôle de la remontée des données dans la supervision ;
- vérification du comptage, des badges ou du paiement si le site en est équipé ;
- contrôle du délestage et du retour à la puissance normale après disparition de la contrainte.
6. Identifier les cas où une attestation CONSUEL est requise
Les formalités CONSUEL ne sont pas identiques pour toutes les IRVE. Selon les indications publiées par CONSUEL, la mise en service d’une IRVE de puissance supérieure à 36 kW est conditionnée par l’obtention d’une attestation de conformité, y compris en cas de raccordement indirect.Dans les bâtiments d’habitation collectifs, CONSUEL indique qu’une attestation est requise quelle que soit la puissance de l’IRVE. Une attestation peut également être nécessaire lors de la modification d’une IRVE existante, notamment si l’ajout de points de charge entraîne un dépassement de 36 kW ou un changement de puissance du point de livraison, par exemple un passage de C5 à C4.
Le type d’attestation et les pièces complémentaires dépendent du contexte. CONSUEL distingue notamment l’attestation jaune pour une IRVE située dans un bâtiment d’habitation, collectif ou individuel, et l’attestation verte pour une installation dans un bâtiment recevant des travailleurs ou du public, ou sur le domaine public.
Pour un parking collectif, un plan d’implantation des places équipées peut être demandé. Dans certaines configurations en puissance surveillée, un dossier technique relatif aux risques de court-circuit peut également être requis. Pour une IRVE dans un bâtiment recevant des travailleurs ou du public, CONSUEL mentionne aussi un rapport établi par un organisme d’inspection répondant aux exigences du contexte réglementaire.
Ces indications doivent être confirmées pour le projet concret avant les travaux et avant la demande d’attestation. Le seuil de 36 kW, le type de bâtiment, le raccordement et la modification éventuelle d’une installation existante peuvent changer la procédure applicable.
7. Remettre un dossier de mise en service exploitable
Une installation conforme doit aussi être compréhensible pour la personne qui l’exploite et la maintient. Le dossier de fin de chantier doit rassembler les informations réellement utiles à la reprise du site :- le repérage des circuits, les protections et les résultats d’essais ;
- les références, notices et réglages des équipements ;
- les paramètres de puissance, de délestage et de supervision ;
- les informations de connexion et de gestion des accès ;
- l’attestation CONSUEL lorsqu’elle est requise et les éventuelles réserves levées ;
- les consignes de sécurité et le contact de maintenance.
8. Utiliser une checklist de réception avant de remettre les clés
Avant de déclarer l’installation opérationnelle, le responsable du projet peut demander une réception formalisée. Elle doit répondre à quatre questions simples :- Sécurité : les protections, la terre, le câblage et l’implantation ont-ils été vérifiés ?
- Fonctionnement : chaque point de charge a-t-il été testé dans les conditions prévues ?
- Documents : les résultats, réglages, notices et attestations sont-ils disponibles ?
- Exploitation : l’utilisateur sait-il lancer une charge et contacter le bon interlocuteur en cas de défaut ?
Conclusion : une mise en service se prépare avant le dernier branchement
La conformité d’une installation IRVE repose sur un ensemble cohérent : étude du besoin, dimensionnement, protections, qualité de pose, essais, documents et formalités adaptées au projet. Le contrôle final ne doit pas être improvisé le jour de la remise des clés.Pour une installation en maison, en copropriété ou sur un parking d’entreprise en Île-de-France, MgTEC peut étudier le contexte électrique, le nombre de points de charge et les contraintes d’exploitation afin de définir les vérifications à prévoir avant la mise en service.



